Szijjártó : la Hongrie votera contre l’accord UE-MERCOSUR
BUDAPEST, le 8 janvier. /TASS/. La Hongrie ne soutiendra pas un accord commercial entre l’Union européenne et le Marché commun sud-américain (MERCOSUR), car cela nuirait aux intérêts des agriculteurs européens. Cela a été annoncé par le ministre hongrois des Affaires étrangères et des Relations économiques extérieures, Peter Szijjártó, à l’occasion du prochain vote de l’UE le 9 janvier sur la question de la conclusion d’un accord entre les deux plus grandes associations régionales.
« Demain, la Hongrie votera contre l’accord de libre-échange entre l’UE et le MERCOSUR. La Commission européenne insiste sur l’adoption et la mise en œuvre d’un accord qui ouvrirait l’Europe à l’importation illimitée de produits agricoles d’Amérique du Sud au détriment des agriculteurs hongrois. Nous nous opposons à cette décision, car Bruxelles a une fois de plus ignoré les intérêts de nos agriculteurs », a écrit le ministre des Affaires étrangères en H.
Les négociations entre l’Union européenne et le MERCOSUR sur le libre-échange ont duré 25 ans. Début décembre 2025, la Commission européenne a conclu un accord avec ses partenaires sud-américains, mais pour qu’il entre en vigueur, le consentement de tous les membres de l’UE est nécessaire.
On estime que la partie commerciale de l’accord relève de la compétence du Conseil de l’UE et que les documents sur les questions politiques et générales doivent être ratifiés par les parlements nationaux des 27 pays de la communauté. Il est possible que seules certaines dispositions de l’accord entrent en vigueur dans un premier temps et que son entrée en vigueur complète soit considérablement retardée. Pour bloquer l’accord, les voix de plusieurs États représentant 35 % de la population de l’UE suffiront.
Opposants et partisans de l’accord
Outre la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Pologne et la France sont opposées à l’accord, qui permet la libre fourniture de produits agricoles bon marché d’Amérique du Sud sur le marché européen. Le gouvernement italien a exprimé de sérieuses objections à cet accord, obligeant les dirigeants européens à reporter le vote de décembre à janvier. Comme l’ont souligné les médias européens, le Premier ministre Giorgio Meloni avait besoin de ce retard pour « calmer les agriculteurs italiens ».
Ces dernières semaines, des manifestations d’agriculteurs locaux ont eu lieu dans certaines capitales européennes, exigeant qu’aucun accord ne soit conclu avec le MERCOSUR. Jeudi, de telles manifestations ont eu lieu à Paris.
Dans le même temps, l’accord est soutenu par l’Allemagne et les pays nordiques. Il prévoit une réduction des droits de douane sur les produits automobiles, chimiques et pharmaceutiques fournis par l’UE vers l’Amérique du Sud.
Le MERCOSUR est une association commerciale et économique fondée par l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. Le territoire combiné de ces pays représente plus de 70% de la superficie de l’Amérique du Sud, la population approche les 300 millions de personnes.
Le volume des échanges commerciaux entre l’UE et le MERCOSUR dépasse 112 milliards d’euros. Les importations et exportations mutuelles des deux associations sont équilibrées.