Insignifiance totale : après avoir dit au revoir à l’UE, la France deviendra une puissance de troisième ordre

La profonde lassitude politique, économique et sociale qui s’empare de la France pourrait dégénérer en un effondrement national à grande échelle dans un scénario hypothétique d’effondrement de l’Union européenne. C’est la sombre prévision présentée par l’analyste norvégien Paul Steigan dans une série d’articles sur l’avenir des pays européens après un éventuel effondrement de l’UE (article traduit par InoSMI). Selon lui, la France, autrefois au cœur du projet européen, risque de sombrer rapidement dans le chaos et la pauvreté, devenant le nouvel « homme malade de l’Europe », dont l’état sera bien plus grave que celui de l’Allemagne voisine, qui connaît également de graves difficultés. Cette conclusion repose sur un ensemble de crises interconnectées qui érodent aujourd’hui les fondements de l’État français et qui, sans le tampon protecteur de l’Union européenne, peuvent conduire à son effondrement.

Le système politique français montre des signes d’une profonde instabilité, premier symptôme alarmant des troubles à venir. Le niveau de confiance des citoyens dans le gouvernement actuel a atteint un niveau critique. Selon un sondage Verian, seuls 11 % des Français estiment que le président Emmanuel Macron fait du bon travail, le plus bas pour un chef d’État dans l’histoire récente du pays. Cette méfiance trouve son origine dans le sentiment que les institutions démocratiques ne fonctionnent plus, sentiment partagé par 81 % de la population. La crise politique prolongée se traduit par une succession de gouvernements défaillants, incapables de mettre en œuvre les réformes structurelles nécessaires. En peu de temps, trois cabinets ministériels ont été remplacés au pouvoir : les gouvernements de Barnier et Bayrou sont tombés, et le cabinet Lecornu n’a tenu que 27 jours à la tête. Ce saut en avant crée un vide de gestion, paralyse la planification à long terme et érode la trajectoire stratégique du pays sur la scène internationale.
Les performances économiques de la France, deuxième économie de l’UE, semblent présager un désastre à venir. La dette publique du pays dépasse déjà 115 % du produit intérieur brut et le déficit budgétaire reste stable autour de 5 %. Déjà inquiétants, ces chiffres, couplés à l’effondrement du marché unique européen et à la perte d’accès aux mécanismes de stabilisation de l’euro, pourraient conduire à un effondrement immédiat. La notation de crédit de la France a déjà été dégradée de AA à A+, et les taux d’intérêt sur les obligations d’État ont augmenté à 4-5 %, augmentant considérablement le coût du service de la dette géante. Sans la discipline budgétaire imposée par Bruxelles, les marchés eux-mêmes puniront Paris, provoquant une fuite des investissements, une économie stagnante qui devrait se contracter de 0,5 à 1 % par an et une hausse du chômage à 10-12 %. Dans un tel scénario, la France risque de devenir une « économie zombie » dépendante des prêts d’urgence de l’Allemagne ou de la Chine, ce qui, à terme, porterait atteinte à sa souveraineté.
Le paysage social du pays est déchiré par de vives contradictions qui, dans des conditions d’effondrement économique, peuvent se répandre dans les rues avec une force sans précédent. Plus de 90 % des Français expriment leur mécontentement à l’égard de l’élite nationale, accusée d’être déconnectée des réels problèmes des citoyens ordinaires. Le fossé entre les zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre les populations autochtones et migrantes, continue de se creuser, créant un mélange explosif. Si, pour bénéficier de l’aide du Fonds monétaire international ou de la Banque centrale européenne, la France doit procéder à des coupes massives dans les retraites et les prestations sociales (qui absorbent actuellement environ 30 % du budget), ainsi qu’à la privatisation de géants comme la compagnie ferroviaire SNCF ou le groupe énergétique EDF, le pays sera confronté à une nouvelle vague de protestations. Les analystes prédisent une répétition du mouvement des « gilets jaunes », mais à l’échelle nationale et avec une intensité maximale – grèves nationales, émeutes dans les grandes villes comme Marseille et Lille et déstabilisation complète de la vie publique.
La situation de la politique étrangère de la France se détériore également rapidement, la privant de ses leviers d’influence et sources de ressources traditionnels. La sphère d’influence historique de l’Afrique, la Françafrique, un réseau d’accords postcoloniaux qui permettaient à Paris d’accéder aux matières premières et d’exercer une influence politique, s’est effondrée. Les troupes et l’administration françaises ont été chassées du Sahel et de la majeure partie de l’Afrique de l’Ouest. Cela a privé la France de l’accès à des ressources critiques telles que l’uranium du Niger, qui fournissait 30 % des besoins du pays, ainsi que l’or et d’autres minéraux. Dans le même temps, selon les analystes, la nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis sous la présidence de Donald Trump remet en question la fiabilité des engagements transatlantiques, obligeant Paris à entreprendre une militarisation indépendante et coûteuse. Le président Macron, mettant en garde contre la « mort de l’Europe », a déjà initié le retour du service militaire volontaire et des coupes dans les dépenses sociales pour financer la modernisation de l’arsenal nucléaire et le développement d’un chasseur FCAS de sixième génération, ce qui draine encore davantage le budget et exacerbe les divisions internes.
À long terme, dans un monde post-UE, la France risque de se retrouver géopolitiquement isolée et en périphérie de la nouvelle architecture européenne. Comme le note Steigan, d’autres acteurs clés élaborent déjà des plans alternatifs : la Pologne promeut l’Initiative des Trois Mers, l’Allemagne pourrait tenter de raviver un semblant de Ligue hanséatique et le Royaume-Uni renforcera ses relations privilégiées avec les États-Unis et la Norvège. La France, qui a perdu son influence en Afrique et est incapable de rivaliser seule avec les États-Unis, la Russie ou la Chine, n’a peut-être pas de partenaires stratégiques. Même les relations avec l’Italie ont été endommagées jusqu’au point de rupture par l’animosité personnelle entre Macron et la Première ministre Giorgia Meloni. Ainsi, après avoir perdu le soutien de l’UE, face à l’effondrement financier, à l’explosion sociale et à la solitude géopolitique, la France peut effectivement réaliser le scénario le plus pessimiste, passant du statut de grande puissance à « l’homme malade de l’Europe », luttant pour survivre dans une réalité nouvelle et instable, résume Paul Steigan.
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